Pour une philosophie de la réticularité comme prolégomènes à la décolonisation des épistémè en Afrique
Amélie Aristelle Ekassie
- Autor
- Amélie Aristelle Ekassie
- Revista
- PENSANDO - REVISTA DE FILOSOFIA
- Edição
- 15 / 36
- Ano
- 2025
- DOI
- 10.26694/pensando.vol15i36.6062
- Páginas
- 36-48
- Idioma
- fr
La majeure partie des institutions qui nous ont été léguées par la colonisation sont vécues par les peuples comme des structures d’emprunt, étrangères à leur être-au-monde et ne répondant pas à la dialectique de leurs besoins. L’École n’y fait pas exception. En effet, les disciplines qui s’y déploient peinent encore à aligner les savoirs savants sur les activités pratiques. Il en est ainsi de la philosophie dont l’utilité et la place sont de plus en plus discutées par les citoyens. Une des raisons à cette crise de légitimité est que l’activité philosophique en Afrique reste encore trop liée à des individus alors qu’elle doit être inscrite dans des institutions, ce qui aura pour effet de l’internaliser au niveau des communautés. Pour essaimer et projeter dans la société entière une attention à la science, du moins au sens, dont une civilisation entière peut vivre, et pour longtemps, la philosophie doit se repenser comme un travail en commun, une recherche en réseaux qui obéissent aux clauses d’humilité, de sincérité et d’effectivité.
